Statistique arret cardiaque

Statistique arret cardiaque

Arrêt cardiaque en France : le coût de l'inaction

Chaque minute compte. Ce n’est pas une métaphore, c’est une réalité biologique. En France, l'arrêt cardiaque reste l'une des principales causes de mortalité évitable. Pourtant, derrière la froideur des statistiques se cache une vérité brute : nous avons tous, individuellement, le pouvoir de faire basculer ces chiffres.

Icone MAC SST formation

L’arrêt cardiaque en dehors d’un hôpital, c’est plus de 40000 évènements chaque année en France. Moins de 10% des patients survivent. Les premières minutes de prise en charge sont cruciales, et souvent par crainte, angoisse les témoins n’osent pas toujours. Nos formateurs soignants travaillant tous en extra hospitaliers ( pompiers – infirmiers et ambulanciers SMUR sont spectateurs des hésitations de témoins, voir même de la non formation à ses gestes essentiels.
Améliorons ses statistiques en mettant en place une formation adaptée plus systématique par les témoins, associant massage cardiaque externe et usage d’un défibrillateur, en augmentant le taux de survie plus élevés. Actuellement moins de 30 % des citoyens français ont été formés et l’objectif est de former 80% de la population française à l'horizon 2026. Pour cela, il faut débuter l'initiation aux premiers secours au plus tôt, pérenniser l'apprentissage durant toute la vie, simplifier et améliorer la formation citoyenne aux premiers secours.

stat ACR

Comment faire pour sauver une vie ?

Alerte secours
Alerte secours

Appeler les secours

Face à un arrêt cardiaque, chaque seconde compte : alerter immédiatement les secours au 15, 18 ou 112 dès que vous constatez qu'une victime est inconsciente et ne respire pas est le premier maillon indispensable pour déclencher la chaîne de survie. Plus l'appel est passé tôt, plus vite les équipes médicales arriveront sur place avec le matériel adapté pour prendre le relais et sauver une vie.

Massage cardiaque
Massage cardiaque

Commencer un massage cardiaque

Pour maintenir la circulation sanguine vers le cerveau, réalisez un massage cardiaque en plaçant le talon de vos mains au milieu du thorax,et en massant à un rythme de 100 à 120 compressions par minute. Il faut stopper le moins  possible pour maintenir l'oxygène au cerveau.Peur de ne pas tenir,  vous inquiétez pas, l'adrénaline de la situation vous donnera la force nécessaire pour tenir jusqu'à l'arrivée des secours.

Icone défibrillateur
Recyclage AFGSU

Défibriller

Dès que possible, placez un défibrillateur automatisé externe (DAE) : si vous êtes seul, ne le cherchez que s'il est immédiatement visible, mais si vous êtes plusieurs, envoyez quelqu'un récupérer l'appareil le plus proche sans interrompre le massage. L'appareil vous guidera pas à pas, sans danger, pour délivrer un choc électrique si nécessaire ; d'ailleurs, savez-vous où se trouve le défibrillateur le plus proche de chez vous ou de votre lieu de travail ?

Encore quelques statistiques

min massage

1 minute

sans massage cardiaque, c'est 10% dechance de survie en moins

survie USA

20 %

taux de surive que Etats Unis, bien mieux qu'en France

Survie USA

40 %

des témoins débutent un massage cardiaque avant l'arrivé des secours

Survie USA

25 %

des défibrillateurs choquent le coeur dès la 1ère analyse.

35 %

de survie si la chaine des secours est optimum

5 minutes

sans massage cardiaque, c'est 4% de chance da survie seulement sans sequelles

61 ans

age moyen d'un arret cardiaque chez un homme

35%

 de chance en moins d'être masser si on est une femme

Certification professionnelle, suis je concerné ?

Certification professionnelle, suis je concerné ?

🩺 Certification Périodique des Soignants :

Obligation ou opportunité ?

6 ans pour valider vos actions sur 4 grands blocs (compétences, relation patient, gestion des risques et… votre propre santé !).

La certification périodique est une obligation légale majeure qui marque une évolution importante dans le parcours professionnel des soignants.

Officialisé par l'ordonnance du 19 juillet 2021 et publié au journal officiel le 30 décembre 2025, ce dispositif indépendant de tout lien d'intérêt vise à garantir l'actualisation des connaissances, le maintien des compétences et l'amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins tout au long de la carrière.

Qui est concerné ?

Votre profession relève d'un ordre

Cette obligation s'adresse à tous les professionnels de santé relevant d'un ordre professionnel. Les référentiels officiels de compétences, publiés par arrêté ministériel, s'appliquent directement aux :

  • Infirmiers (IDE, IADE, IBODE, IPA, puéricultrices).

  • Médecins (généralistes et toutes spécialités médicales ou chirurgicales).

  • Chirurgiens-dentistes.

  • Sages-femmes.

  • Pharmaciens.

  • Masseurs-kinésithérapeutes.

  • Pédicures-podologues.

Le dispositif s'organise par périodes successives de 6 ans (étendu à 9 ans pour les professionnels déjà diplômés avant le 1er janvier 2023). Au terme de chaque cycle, les instances ordinales contrôlent la réalisation de ce programme de formation.

Les 4 blocs Thématiques Obligatoires

Pour valider leur certification, les professionnels doivent réaliser un programme minimal d'actions (généralement au moins deux actions par bloc sur le cycle) réparties dans quatre domaines fondamentaux définis par leurs Conseils Nationaux Professionnels (CNP) :

bloc certification professionnelle

4 Blocs rien que pour vous

Pour valider leur certification, les professionnels doivent réaliser un programme minimal d'actions (généralement au moins deux actions par bloc sur le cycle) réparties dans quatre domaines fondamentaux définis par leurs Conseils Nationaux Professionnels (CNP) :

  • Bloc 1 : Actualiser les connaissances et les compétences (actions de formation continue, congrès, DU/DIU).

  • Bloc 2 : Renforcer la qualité des pratiques professionnelles (démarches d'EPP, revues de morbi-mortalité, gestion des risques).

  • Bloc 3 : Améliorer la relation avec les patients (formations à l'annonce, démarches centrées sur l'expérience patient et la décision médicale partagée).

  • Bloc 4 : Mieux prendre en compte sa santé personnelle (prévention des risques psycho-sociaux, gestion du stress et du burnout, ergonomie au travail).

Suivi et Outils numériques : Restez vigilants

Ma certif Pro Santé n'est pas encore en ligne

La réglementation prévoit la mise en place d'un téléservice public et gratuit baptisé « Ma Certif Pro Santé », géré par l'Agence du Numérique en Santé (ANS), qui centralisera automatiquement vos justificatifs.

Ma certif pro

Vigilance, c'est gratuit

Attention : la plateforme d'État gratuite est en cours de développement et n'est pas encore opérationnelle sur le plan fonctionnel. Face à l'émergence d'offres ou de plateformes privées payantes, nous recommandons aux soignants d'attendre l'ouverture de l'outil officiel du gouvernement et de conserver précieusement leurs attestations classiques.

L'accompagnement chez Formurgences?

En tant qu'organisme de formation engagé dans la qualité des soins, Formurgences fait évoluer ses programmes pédagogiques pour répondre strictement aux exigences de vos référentiels métiers.

  • Anticipation : Nous intégrons dès à présent les critères de labellisation des CNP dans nos modules de formation.

  • Clarté : Très bientôt, vos attestations de fin de formation FORM mentionneront explicitement les blocs thématiques validés (compétences, gestion des risques, santé du soignant...) afin de faciliter grandement vos démarches de certification.

  • Intégration de ses nouveuax blocs : chez formurgences, nous avons repris dans les programmes de chaque formation, les blocs correspondant aux blocs qui vertifie 

Parce qu'il n'est jamais trop tard pour se RENSEIGNER


Comment réussir une formation AFGSU

Comment réussir une formation AFGSU

Une formation reussie

Parce que vous êtes formidable

Super formation

Une formation, où l'on y met tout son coeur

Pour une fois, je ne vais pas faire pleurer dans les chaumières.

Il est ici pour moi question de vous présenter quelques dingueries que vous m'avez en formation.

Souvent j'entends, Ah merci c'était une bonne formation, mais savez vous tout ce qui se cache derrière.

Allez hop, je suis fin prete, demain je commence une formation AFGSU.

Il faut que je  me prépare tel un coach, je revise ma statégie d’attaque. Le matériel est prêt, 2 gros sacs de plongée , un vidéoprojecteur, un sac avec l’ordinateur et bien sur le plus important le stand café.

On en profite pour faire sa séance de sport en mettant tout dans le coffre d’un berlingo. Petit apparté, c’est dingue ce que l’on peut mettre dans un véhicule, j’avoue que c’est pas la plus belle voiture du monde, mais vu tout ce qu’on peut y mettre (un peu de pub pour Citroën au passage).

Tout le matos est dans le coffre et hop au dodo… demain une longue journée commence !

Bob mannequin

Vive Waze pour découvrir le temps de route.

Petite astuce de formatrice, si vous devez partir en formation en traversant une zone de covoiturage. Vous pourrez placer votre mannequin de secourisme sur le coté passager et ne pas vous taper une amende.

Quand le reveil sonne, je decolle mes yeux et je prépare rapido un ptit déjeuner à emporter.

Ne perdons pas 15 min à dejeurner, je prends la route pour tenter d’arriver 30 min avant le début de la formation.

Dereck Barista
Bob formateur
Materiel formurgences

Bob ( mon mannequin passager) et moi-même arrivons sur les lieux de la formation. Bob n’etant pas très indépendant, je m’occupe de tout préparer.

Le 1er challenge retrouver les clefs. On se croirait dans Fort Boyard, il faut retrouver la salle, la personne qui s’en occupe et aussi la clef qui permet de laisser son matériel en toute sécurité.

1er mission réussit j’arrive dans la salle. Je débarrasse la voiture, les 2 sacs, le vidéoprojecteur, je récupere Bob du siège passager.

La carte au tresor commence, un plan, une clef, le matériel. Je suis en place et je prépare le réaménagement de la salle, genre Valérie DAMIDOT.

Je pousse les tables, replace les chaises devant, prépare les branchements, je place sur la table d’accueil : la tisanerie avec café/ thé/sucre, les feuilles de présence , les ptits carnets a offrir aux participants et Dereck ( notre egérie lors des formations) qui surveille la scene.

9h  Tout commence, je plante le décors : horaires – programmes- objectifs, sous la surveillence de Bob notre mannequin et de Dereck notre barista. J’ai un principe assez simple en formation que si je m’ennuie à former les participants, tout le monde va s’ennuyer.

En 3 jours , mes chers stagiaires, "vous êtes capables de m’en sortir des belles lors des formations".

Ces moments de partage sont une telle expérience de vie. Je me souviens de stagaires qui me font des dingueries.

Je vous place le contexte, j’avais sorti le mannequin de massage cardiaque pour s’entrainer, jusque la tout va bien, c'est lorsqu'une stagaire enfourche le manequin en mode sexe tape pour faire le massage que ça dérape!

Devant l’air médusé de l’assemblé dont je faisais partie, elle nous sort ‘’ C’est comme ca qu’ils font dans urgences’’(vous savez la série télévisée). Fou rire général, c’est la que je me dis que l’alchimie a prise.

En 21h, soit la durée d'une formation AFGSU2 , je mélange les vrais authentiques ainsi que les anecdotes de vie de soignantes.

Je pourrais écrire des livres de toutes ses anecdotes, je prendrais le temps de rédiger tout cela quand  je serais en retraite…

Quand la formation s’achève, je repars déposer les clefs chez passe partout, je reprends toutes mes affaires chargées comme une mule.

Encore une victoire 12 personnes formées en AFGSU pour aller sauver des vies.

groupe Formurgences
groupe Formurgences
groupe Formurgences
groupe Formurgences
Logo de la sarl au 31 mars 20226

Parce qu'on vous aime, réservez une formation

Pourquoi on attend aux urgences ?

Pourquoi on attend aux urgences ?

Pourquoi l’attente aux urgences

est parfois si longue ? 

 

L'attente aux urgences, un sport national

“Pourquoi j’attends encore aux urgences ?

Spoiler :  ce n’est ni parce qu’on boit le café,  ni parce qu’on vous a oublié,  ni parce qu’on aime vous faire patienter (promis).

Derrière les portes des urgences, c’est plutôt :  une ruche en surchauffe  des prises de sang qui voyagent  des scanners qui se font désirer des lits qui jouent à cache-cache.

Infirmière aux urgences depuis 16 ans, je vous raconte la vraie vie des urgences, sans filtre, sans jargon… et avec un peu d’autodérision 😏

urgences surpopulation

Mais pourquoi c'est si long ?

Par une infirmières d'urgences... depuis 16 ans.

 Si vous avez déjà mis les pieds aux urgences, il y a de fortes chances que vous vous soyez posé LA question :  « Mais… pourquoi c’est si long ? »

Installez-vous confortablement (oui, même sur un fauteuil de salle d’attente), je vous explique tout, avec un peu d’humour et beaucoup de réalité terrain.

 

Les urgences un service ouvert non-stop ( et sans bouton pause)

Je suis infirmière aux urgences depuis 16 ans. Et s’il y a bien une chose que nous ne maîtrisons pas, c’est le temps d’attente.

Aux urgences, nous ne choisissons pas notre programme :

- Les patients arrivent 24h/24
- On ne peut pas fermer les portes
- Et tout le monde n’arrive pas avec un simple rhume

En temps « normal », le flux commence doucement vers 11h, monte progressivement et atteint un pic vers 17h-18h :

- sortie du travail,
-  fin des consultations chez le médecin traitant,
- petits bobos de la journée qui deviennent soudain très urgents.

 

Première étape : l'accueil

À votre arrivée, vous êtes accueillis par une équipe en première ligne :

- l’infirmière d’accueil (IAO),
-  l’aide-soignant(e),
- et l’agent administratif.

Une fois les formalités administratives réalisées, le vrai travail clinique commence.

Le tri infirmier : grave, très grave... ou peut attendre

Dans le box d’IAO (Infirmière d’Accueil et d’Orientation), nous faisons un tri. Oui, comme à l’aéroport, mais sans tapis roulant.

On évalue, votre état clinique :

- la tension,
- la saturation en oxygène,
- la température,
- et on réalise un interrogatoire.

Objectif : déterminer rapidement si vous êtes :

-  En situation grave, votre vie est menacé à court terme → prise en charge immédiate,
- Stable, vous nécessitez une consultation→ attente surveillée,
- Relevant d’une autre solution de soins plus adaptée que les urgences.

Une fois cette étape passée, vous retournez en salle d’attente…
Sur un fauteuil, ou parfois sur un brancard. Et là, l’attente commence.

Les urgences : La clepsydre de Fort Boyard

 Pourquoi l’attente est-elle si longue ? La métaphore de la clepsydre

Les urgences, c’est un peu comme une clepsydre :

- En haut : les patients arrivent en continu (on ne peut pas fermer)
- Au milieu : les capacités de prise en charge (locaux, personnel, box)
- En bas : les sorties (retour à domicile ou hospitalisation)

Problème ?

- Moins de lits d’hospitalisation
- Une population vieillissante
- Des services souvent saturés

Résultat : quand « le bas » est bouché, tout le reste ralentit.

Et non, ce n’est pas parce que quelqu’un « traîne » ou « prend son temps ».

 

Vous êtes enfin pris en charge et pourtant vous attendrez encore

Une fois installé dans un box :

1. Vous êtes vu par un interne
2. Puis par un médecin

Si des examens sont prescrits, c’est reparti pour une nouvelle phase d’attente.

Exemple classique : la prise de sang

- Le personnel paramédical doit être disponible pour la réaliser
- Le prélèvement part ensuite au laboratoire
-  Les résultats arrivent en 2 à 3 heures

Cela peut sembler long…
Mais en ville aussi, une prise de sang faite le matin donne souvent des résultats en début d’après-midi. 

Et si vous avez besoin d'examens complémentaires

 Alors là, accrochez-vous :

- La demande doit être validée par le radiologue
-  Les manipulateurs doivent avoir un créneau
- Les brancardiers doivent être disponibles pour vous y emmener
- L’examen est réalisé
- Puis analysé

Résultat : encore 2 à 3 heures d’attente possibles.

Un moment tant attendu : la décision médicale

Quand tous les résultats sont enfin là :

- le diagnostic est posé,
- le traitement est décidé,
- et le médecin peut autoriser votre sortie.
Pour cela il doit prendre le temps de relire votre dossier et rediger, courier de sortie et ordonnance... allez encore un peu de patience.

C’est ce qu’on vous souhaite à tous. 

Et si une hospitalisation est nécessaire

Une nouvelle attente commence :

- Trouver le service adapté
-  Vérifier qu’un lit est disponible
- Obtenir l’accord du médecin du service
- Organiser le transfert

Et seulement après cela, vous êtes enfin installé dans un service plus calme. 

En résumé, l'attente n'est pas un manque de considération

 En résumé : l’attente n’est pas un manque de considération

L’attente aux urgences n’est pas liée à la mauvaise volonté du personnel.

Elle est le résultat de :

- contraintes organisationnelles,
- manque de lits,
- afflux constant de patients,
- et d’un système qui fonctionne en tension permanente.

Aux urgences, tout le monde travaille, tout le temps, pour soulager, soigner et orienter au mieux.

Alors la prochaine fois que l’attente vous semble longue, souvenez-vous :
👉 derrière les portes, une véritable ruche est à l’œuvre, 24h/24.

Deuil des soignants

Deuil des soignants

Deuil soignant

Le deuil invisible

Quand la Perte d'un Patient Fait partie du Soin

Trop souvent sous-estimé, le deuil professionnel des soignants est une réalité quotidienne et profonde dans les services de soins. Sur Formurgences, nous levons le voile sur ces blessures silencieuses, inhérentes à nos métiers, et essentielles à reconnaître pour la santé de nos équipes.

Être soignant, c'est côtoyer la vie, la guérison, mais aussi, inéluctablement, la mort. Si le décès d'un patient est, d'un point de vue clinique, un événement qui fait "partie du boulot", l'impact émotionnel sur les professionnels de santé, lui, est loin d'être simple ou anodin.

Nous parlons ici du deuil professionnel, cette réaction émotionnelle légitime face à la perte d'une personne dont nous avons pris soin. Un deuil qui, parce qu'il n'est pas celui d'un proche, est souvent minimisé, voire nié, par la pression de la continuité des soins et la nécessité d'endosser rapidement un rôle professionnel.

Deuil à vif :entre Humanité et Logistique du Quotidien

"Comme beaucoup de mes collègues soignants, je me retrouve chaque jour face à une dichotomie insoutenable : celle de l'humain face à la logistique."

Notre travail nous demande une présence entière auprès des patients et de leurs familles. Pourtant, lorsque le décès survient, le temps de l'accompagnement humain est instantanément remplacé par celui de la procédure. C'est une violence invisible.

La Ritournelle des Procédures : Chasser l'Émotion par l'Action

Dans le quotidien sur-sollicité du soin, un décès est avant tout une série d'étapes à cocher, une procédure à appliquer :

  • 💟 Contacter le service des dons d'organes.

  • 💟 Faire signer le certificat de décès par le médecin.

  • 💟 Procéder à la toilette mortuaire.

  • 💟 Rendre le corps présentable pour la famille.

Chaque geste chasse l'émotion. Un acte prend la place de la réflexion. Nous sommes pris dans le tourbillon de l'action, sans avoir la latitude de nous poser un instant sur le corps du défunt pour reconnaître, même brièvement, la fin d'une vie et la fin de notre relation de soin.

Les absents et les derniers compagnons

L'élément le plus douloureux est parfois l'absence. Il arrive que certaines familles soient éloignées ou inexistantes. C'est alors à nous, soignants, que revient la tâche sacrée et lourde d'accompagner ce patient jusqu'au bout, de le soutenir lorsque sa vie s'essouffle et s'en va.

Quelle place pouvons-nous accorder à cette ultime mission d'accompagnement dans un quotidien où nous manquons de temps, de moyens, et parfois même de décence pour les proches ?

Nous nous retrouvons à proposer un simple café et des chaises bancales aux familles endeuillées, dans l'espoir futile de leur rendre ce moment "moins pire".

Le Coup de Grâce : La Vitesse de l'Oubli

Le cycle se boucle avec une efficacité redoutable : le corps est conduit au funérarium, au milieu des autres soignants qui s'affairent ; la chambre est immédiatement désinfectée, remise à neuf, et remontée pour le patient suivant.

C'est reparti, telle une ritournelle sans fin.

Mais au milieu de cette urgence et de cette désinfection, pensons-nous un instant au soignant qui, lui, ne peut pas désinfecter son cœur ? Au soignant qui cumule, jour après jour, toutes ces émotions contenues, ces deuils non faits, ces adieux escamotés ?

La question n'est plus : "Comment faire notre deuil ?" mais : "Comment l'institution peut-elle nous donner l'espace de notre humanité entre deux urgences ?"

L'Attachement, Un Risque Humain Inévitable

Le cœur du problème réside dans la nature même de notre métier : l'engagement relationnel.

Lorsque la prise en charge d'un patient s'étale sur une longue période, lorsque les familles apprennent à nous connaître et que nous passons les filtres de la superficialité pour découvrir le patient « en profondeur », le lien se tisse. Cet attachement n'est pas une faute professionnelle ; c'est le cœur de l'humanité du soin.

👉Le temps passé : Jour après jour, nous accompagnons, nous soignons, nous consolons.

👉La connaissance intime : Nous connaissons les habitudes du patient, ses peurs, ses espoirs, les anecdotes partagées avec sa famille.

👉L'investissement : Nous avons investi de notre énergie, de notre expertise et de notre espoir pour l'aider.

Quand le décès survient dans ce contexte, il ne s'agit pas seulement de l'échec d'un traitement, mais de la rupture brutale d'une relation humaine forte. Le soignant fait face à un mélange complexe d'émotions : tristesse, impuissance, culpabilité, sentiment d'échec, et même parfois de la colère.

Quand le Deuil Devient Invisible

Dans l'urgence, en réanimation, en soins palliatifs, ou même en service "traditionnel" après un long séjour, on nous demande souvent de "passer à autre chose" rapidement. La machine du soin doit continuer, une autre personne attend une chambre, une autre urgence requiert notre attention.

C'est là que réside le danger : un deuil non exprimé est un deuil qui s'enkyste.

  • Le déni institutionnel : Le manque de temps dédié à la commémoration ou à l'échange d'équipe après un décès majeur est souvent la norme.

  • L'isolement : Par peur d'être jugé "trop sensible" ou "non professionnel", le soignant s'isole dans sa peine.

  • L'accumulation : Ces deuils s'additionnent au fil de la carrière, créant un fardeau émotionnel lourd qui peut mener à l'épuisement professionnel (burn-out) ou à un cynisme protecteur néfaste à la qualité des soins.

Des Pistes pour Reconnaître et Soutenir

Il est impératif, pour la santé de nos équipes et la pérennité de notre vocation, de donner de la place à ce deuil invisible.

Répartition de nos formations

  • Affirmer que ressentir de la tristesse est normal et un signe de notre humanité et de la qualité de notre engagement.
  • Reconnaître l'intensité du lien, surtout après des prises en charge prolongées.

 

Temps et espace d'échange

    • Mettre en place des temps de débriefing systématiques et encadrés (groupes de parole, réunions d'équipe) pour les décès particulièrement difficiles ou inattendus.
    • Permettre aux équipes de se "passer le relais" ou de prendre un temps symbolique avant d'accueillir un nouveau patient dans une chambre après un décès.

L'équipe comme soutien

    • Encourager la verbalisation entre collègues. La force du collectif est vitale pour traverser la perte.
    • Ne pas juger un collègue qui exprime son impuissance ou sa peine.

Chers soignants, votre capacité à prendre soin des autres est intrinsèquement liée à votre capacité à prendre soin de vous-même. Le deuil d'un patient n'est pas un signe de faiblesse, mais la preuve de l'intensité et de la noblesse de votre engagement. Ne le laissez plus être un fardeau silencieux.